Avenue d'Orléans

Échouages, un vingt-quatre octobre

rue des églises
des voix fusent s’éloignent

sur la plaque d’un trou d’homme
à travers un sac de plastique
on voit un paquet de cigarettes
un briquet deux strings propres

baluchon de jours maigres
pense-t-on

 

*

 

pose la tête sur l’oreiller du 3848
pour écouter ce qui fuit
derrière la brique et les fenêtres
barricadées

chuchote-moi le souffle des bêtes
le remugle qui rampe et la rumeur
de l’épervier

 

*

Dettes remblaiements

le matin est une ruelle
vidée goutte à goutte
de ses carrures voûtées

la rouille des pentures
paillette les seuils
les pieds nus
et durcis

je marche le territoire
me divise et me donne
le droit de m’en aller

 

*

 

j’enfonce la gâchette
du pistolet à essence

dans mon dos une femme
approche monsieur

est-ce que

je tourne la tête
du coin de l’œil son pantalon
bouton pendant braguette ouverte

Hochelaga imaginaire

 
Tout le monde finit toujours par revenir chez Tim Hortons.
Marjolaine  Deneault
 
Je ne connais pas Hochelaga. 
Je ne connais rien d’Hochelaga. 
Je n’y ai jamais habité. 
 
J’y ai visité des amis. 
J’y ai mangé une poutine. 
Un club sandwich.
Une pizza.
Un cheeze burger.
J’ai bu des bières au Atomic café.

H.-M. ou Comment ouvrir des portes avec un tomahawk

J’emprunte le trajet habituel – celui qui mène à la station Joliette, à sa ruelle et toutes celles qu’il est possible d’emprunter jusqu’à la rue Adam. C’est comme passer par la porte d’en arrière, quand t’es kid, après avoir passé tout le jour à jouer dans les herbes hautes, le gravier puis la boue. Mais tu cherches encore la porte qui te permettra d’aller voir à l’intérieur d’Hochelaga.

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