Trottoirs

De la vitrine du Atomic

à la porte bleue des 3607-3609
rue Ontario des paupières closes
se gorgent des rayons du soleil

*

derrière toi une voix chuinte

c'est de même qu'ils ont gagné
comme Al Capone...
avec les taxes pis les impôts

*

sous l’enseigne Sico du Rona
des mains crispées sur des genoux
suivies d’un haut-le-cœur

*

un chien en laisse grelote
sous les mots Commissaire
à l'assermentation

*

Impermanence

Arrêt, plutôt stop américain. Sur le poteau une inscription : GLU10. Plus bas, un collant sur lequel est dessiné au surligneur un personnage à drôle de mine. À la base du tube de fer, des volutes mauve et jaune vaporisées. J’embrasse du regard

Glanures

Coin rouen/bourbonnière Dépanneur Soleil bière en fût 6 ans à 6,49$ «WoW Qualité»

3993 sainte catherine 2 Pabst pour 5$

Coin sainte catherine/joliette Dépanneur Tina «pour vous» 14,99$ 12 bouteilles de Bleue dry
et le vent qui me mord les genoux

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Biblio, lue sur la tranche - Boite à livres ruelle verte à l’Est de Bourbonnière

Étrange intimité

Je ne sais pas lire dans les lignes de la main, ni dans celles des quartiers, mais je peux lire en moi ce que le quartier fait et dit, sous quelle forme il surgit. Au coin des rues, je croise souvenirs et pensées. Les images se superposent et je vois double; à la fois ce qui est là et ce qui n’est plus.

Une Hochelagaise

(Crédits photo: Benoit Bordeleau)

 

Pour investir de sens les toponymes, il faut savoir à quelles histoires ils renvoient, quels liens ils supposent et imposent; il faut ensuite les assumer. - Nancy Huston

      
I.

Elle disait : la côte Sherbrooke. Elle disait : qu’on soit à l’est, qu’on soit à l’ouest, pour passer au nord, il faut toujours monter la côte qui mène à la rue Sherbrooke. Passage obligé.

Hochelag à matin

Quand tu quittes Hochelaga, tu te mets en tête de tout r’monter, même si l’soleil s’est levé que d’un côté de la rue. C’est comme une grande migration à matin, une migration étrange, en plein hiver tout ce monde qui s’en va vers le Nord. C’est comme un grand départ pour faire le silence, pour laisser la matinée aux chats, au lent dérapage du soleil et à celles-ceux qui restent et qui sont tranquilles, enfin.

Hochelaga imaginaire

 
Tout le monde finit toujours par revenir chez Tim Hortons.
Marjolaine  Deneault
 
Je ne connais pas Hochelaga. 
Je ne connais rien d’Hochelaga. 
Je n’y ai jamais habité. 
 
J’y ai visité des amis. 
J’y ai mangé une poutine. 
Un club sandwich.
Une pizza.
Un cheeze burger.
J’ai bu des bières au Atomic café.

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