Ruelles

Étrange intimité

Je ne sais pas lire dans les lignes de la main, ni dans celles des quartiers, mais je peux lire en moi ce que le quartier fait et dit, sous quelle forme il surgit. Au coin des rues, je croise souvenirs et pensées. Les images se superposent et je vois double; à la fois ce qui est là et ce qui n’est plus.

Une Hochelagaise

(Crédits photo: Benoit Bordeleau)

 

Pour investir de sens les toponymes, il faut savoir à quelles histoires ils renvoient, quels liens ils supposent et imposent; il faut ensuite les assumer. - Nancy Huston

      
I.

Elle disait : la côte Sherbrooke. Elle disait : qu’on soit à l’est, qu’on soit à l’ouest, pour passer au nord, il faut toujours monter la côte qui mène à la rue Sherbrooke. Passage obligé.

Maisonneuve de glace

Marcher vite pour ne pas que l’hiver me rattrape, les bouts de doigts gelés ne doivent pas se perdre dans le canal bouché par un sac de vidanges éventré. J’ai peur de la suite des choses, mais je continue d’avancer, quitte à tomber en cours de route. C’est inévitable, je suis maintenant, trop engagée dans la marche du quartier pour faire demi-tour.

Hochelag à matin

Quand tu quittes Hochelaga, tu te mets en tête de tout r’monter, même si l’soleil s’est levé que d’un côté de la rue. C’est comme une grande migration à matin, une migration étrange, en plein hiver tout ce monde qui s’en va vers le Nord. C’est comme un grand départ pour faire le silence, pour laisser la matinée aux chats, au lent dérapage du soleil et à celles-ceux qui restent et qui sont tranquilles, enfin.

Extrait de «Mille regretz»

Le 22 janvier dernier, Gabrielle, Hugo et moi (en sachant Myriam avec nous en pensées) nous retrouvions au 3971 Adam pour une première rencontre de Black Label au bois dormant - nom de groupe issu d'un reste de blague. Nous avions - et avons toujours - comme projet de bricoler des chansons (punk, country, etc.) avec ce que le quartier offre de tags, de graffitis et d'affiches.

H.-M. ou Comment ouvrir des portes avec un tomahawk

J’emprunte le trajet habituel – celui qui mène à la station Joliette, à sa ruelle et toutes celles qu’il est possible d’emprunter jusqu’à la rue Adam. C’est comme passer par la porte d’en arrière, quand t’es kid, après avoir passé tout le jour à jouer dans les herbes hautes, le gravier puis la boue. Mais tu cherches encore la porte qui te permettra d’aller voir à l’intérieur d’Hochelaga.

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