Paysage

L'usurier

tu sors de l’épicerie
dans ton sac un concombre
trois poitrines de poulet
avocat
poivron

tu te retournes et tu vois
la belle bête perchée

tu la regardes
mais elle ne te regarde pas

 

*

 

tu te souviens
de leurs vols de leurs piquées
vers la terre

ils revenaient avec
entre les serres
des mulots des carouges

parfois rien

jusqu’à ce que les buses
les urubus
survolent le plate

 

*

 

De la vitrine du Atomic

à la porte bleue des 3607-3609
rue Ontario des paupières closes
se gorgent des rayons du soleil

*

derrière toi une voix chuinte

c'est de même qu'ils ont gagné
comme Al Capone...
avec les taxes pis les impôts

*

sous l’enseigne Sico du Rona
des mains crispées sur des genoux
suivies d’un haut-le-cœur

*

un chien en laisse grelote
sous les mots Commissaire
à l'assermentation

*

Ex memoria

(Crédits photo: Benoit Bordeleau)

 

How happy is the
blameless Vestal's lot! The world
forgetting, by the world forgot:

Eternal  sunshine of the spotless mind!
Each
prayer accepted, and each wish resign'd

- Alexander Pope

 

Blessed are the forgetful, for they get the better even of their blunders.

- Nietzsche

Maisonneuve de glace

Marcher vite pour ne pas que l’hiver me rattrape, les bouts de doigts gelés ne doivent pas se perdre dans le canal bouché par un sac de vidanges éventré. J’ai peur de la suite des choses, mais je continue d’avancer, quitte à tomber en cours de route. C’est inévitable, je suis maintenant, trop engagée dans la marche du quartier pour faire demi-tour.

Hochelag à matin

Quand tu quittes Hochelaga, tu te mets en tête de tout r’monter, même si l’soleil s’est levé que d’un côté de la rue. C’est comme une grande migration à matin, une migration étrange, en plein hiver tout ce monde qui s’en va vers le Nord. C’est comme un grand départ pour faire le silence, pour laisser la matinée aux chats, au lent dérapage du soleil et à celles-ceux qui restent et qui sont tranquilles, enfin.

Sentier Jardin des Oiseaux: vue frontalière sur Hochelaga

Dimanche 28 septembre. En route pour la déambulation du grand V hochelagan, le grondement des locomotives capte mon attention et me pousse à passer sous le viaduc de Rouen. Empruntant le viaduc Ontario cette fois-ci, je découvre une brèche...

Ce petit sentier linéaire, aménagé le long du chemin de fer, qui nous invite à profiter gratuitement du sentier Jardins des Oiseaux (anciennement Novaya Aurelia).  Des oiseaux (oui! oui!), qui grafitent ici et là, qui survolent le vacarme, l'emprise ferroviaire ou frontalière sans jamais présenter de passeports pour entrer en Hochelaga!

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