Marche et flânerie

Impermanence

Arrêt, plutôt stop américain. Sur le poteau une inscription : GLU10. Plus bas, un collant sur lequel est dessiné au surligneur un personnage à drôle de mine. À la base du tube de fer, des volutes mauve et jaune vaporisées. J’embrasse du regard

Glanures

Coin rouen/bourbonnière Dépanneur Soleil bière en fût 6 ans à 6,49$ «WoW Qualité»

3993 sainte catherine 2 Pabst pour 5$

Coin sainte catherine/joliette Dépanneur Tina «pour vous» 14,99$ 12 bouteilles de Bleue dry
et le vent qui me mord les genoux

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Biblio, lue sur la tranche - Boite à livres ruelle verte à l’Est de Bourbonnière

Étrange intimité

Je ne sais pas lire dans les lignes de la main, ni dans celles des quartiers, mais je peux lire en moi ce que le quartier fait et dit, sous quelle forme il surgit. Au coin des rues, je croise souvenirs et pensées. Les images se superposent et je vois double; à la fois ce qui est là et ce qui n’est plus.

Une Hochelagaise

(Crédits photo: Benoit Bordeleau)

 

Pour investir de sens les toponymes, il faut savoir à quelles histoires ils renvoient, quels liens ils supposent et imposent; il faut ensuite les assumer. - Nancy Huston

      
I.

Elle disait : la côte Sherbrooke. Elle disait : qu’on soit à l’est, qu’on soit à l’ouest, pour passer au nord, il faut toujours monter la côte qui mène à la rue Sherbrooke. Passage obligé.

Maisonneuve de glace

Marcher vite pour ne pas que l’hiver me rattrape, les bouts de doigts gelés ne doivent pas se perdre dans le canal bouché par un sac de vidanges éventré. J’ai peur de la suite des choses, mais je continue d’avancer, quitte à tomber en cours de route. C’est inévitable, je suis maintenant, trop engagée dans la marche du quartier pour faire demi-tour.

Hochelag à matin

Quand tu quittes Hochelaga, tu te mets en tête de tout r’monter, même si l’soleil s’est levé que d’un côté de la rue. C’est comme une grande migration à matin, une migration étrange, en plein hiver tout ce monde qui s’en va vers le Nord. C’est comme un grand départ pour faire le silence, pour laisser la matinée aux chats, au lent dérapage du soleil et à celles-ceux qui restent et qui sont tranquilles, enfin.

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